jeudi 26 novembre 2015

L'homme irrationnel de Woody Allen

L'homme irrationnel

Réalisateur : Woody Allen
Acteurs : Joaquin Poenix, Emma Stone


Résumé :

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Il a le sentiment que quoi qu’il ait entrepris - militantisme politique ou enseignement - n’a servi à rien.Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons. D’abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. Si Jill est amoureuse de son petit copain Roy, elle trouve irrésistibles le tempérament torturé et fantasque d’Abe, comme son passé exotique. Et tandis que les troubles psychologiques de ce dernier s’intensifient, Jill est de plus en plus fascinée par lui. Mais quand elle commence à lui témoigner ses sentiments, il la rejette. C’est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais ce choix déclenche une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais


Avis:

Chaque année nous avons droit à un film de Woody Allen. Le mini New-Yorkais hyperactif ne peut pas s'empêcher d'écrire et de tourner au point d'avoir l'occasion de l'observer à l'ouvrage à chaque tour autour du soleil (à peu de chose près). Un problème résulte toutefois de cette régularité, en effet la vitesse de tournage et d'écriture donnent parfois des productions peu travaillées, banales ou pire, mauvaises. Or Allen sait être bon et bien entouré, on va alors voir chacune de ses œuvres cinématographiques, se demandant si elles feront partie de celles à prendre ou à laisser. Concernant celle-ci, il faut la garder précieusement 

Nous avons l'histoire d'Abe Lucas ayant perdu toute raison de vivre à cause de nombreux événements, vrais ou non, qui auraient déjà mené au suicide la plupart d'entre nous. Néanmoins il est toujours là, exemple type du mec blasé dont le but est de faire comprendre au monde que la vie n'a aucun sens. Arrivé dans cette petite université, il rencontre deux femmes, belles, intelligentes, intéressantes, vivantes. Et pourtant ce ne sont pas elles qui lui offriront le goût d'un nouveau départ, elles seront uniquement témoins, car finalement, sans elles, ce récit n’aurait pas de logique. 

Voir Joaquim Phoenix dès le premier plan nous annonce les fortes chances que l'on a de passer un bon moment. L'acteur, n'ayant jamais fauté de sa carrière, parvenant même à nous captiver face à l'ennui (non, je n'ai pas aimé "The Master"), est allé jusqu’à se grossir façon "alcoolique notoire" (impossible d'ôter notre regard de cette colline verticale sous son T-shirt). On est d'autant plus attentifs lorsque le second rôle est tenu par Emma Stone, récente égérie du réalisateur. Le duo fonctionne à merveille, et cette tension tour à tour sexuelle et romantique est un plaisir pour les yeux et les émotions. 


Bien sûr, je n'aurais pas écrit ces lignes s'il s'agissait simplement d'une histoire d'amour classique entre deux magnifiques comédiens. Le secret réside sur cette étude noire et philosophique du genre humain, où en permanence il faut choisir entre son instinct, ses envies primales, et les codes d'une société où le contrôle de soi et les limites de la liberté peuvent conduire à l'autodestruction. Des thèmes existentiels et troublants sont traités comme : sommes-nous pour l'homme reniant ses principes de base pour sauver une inconnue ou pour la fille et sa structure fondamentale de la pensée et la justice moderne ne devant jamais être bafouées. le plus fantastique dans tout cela est la manière dont tout est menée avec humour et simplicité. Nos questions fusent donc avec beaucoup de naturelles et l'on se plaît à réfléchir. Si nous étions à leurs places, agirions de même ? 


Pas mal d'autres sujets sont abordés, comme la jeunesse insouciante, les rêves d'échapper à une vie toute tracée, les commérages dans le milieu de l'enseignement, les relations entre adultes, etc... Toute cette toile de fond apporte à la forme une cohésion à l'ensemble et amène énormément de réalité au récit. 
Je vais être franc, pour moi, zéro long métrage (enfin presque) n'est parfait. Woody Allen a malheureusement le défaut d'avoir une caméra et un montage très conventionnels. L'écriture est recherchée, cependant les plans se ressemblent, il y a très peu de significations dans les images et les trois musiques de la bande-son reviennent en boucle. Cela n'enlève rien à la qualité du film, toutefois une meilleure approche de l'esthétique permettrait à ce vieux fou de devenir un des plus prestigieux réalisateurs de comédie dramatique de son époque. 



DURÉE : 1H35
À PARTIR DE : 15ANS
DISTRIBUTEUR: MARS DISTRIBUTION
DATE DE SORTIE : 14 OCTOBRE 2015

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire