mardi 28 avril 2015

"Mémoires d’un tas de charbon" de Thierry Declercq


MÉMOIRES D’UN TAS DE CHARBON


Auteur : Thierry Declercq




Résumé :


À la nouvelle du décès du dernier de ses amis d'enfance, Manu éprouve le besoin d'écrire ses mémoires. Il raconte l'année de ses treize ans ; il raconte ses amis Jaku, Belette et Deschamps ; il raconte surtout l'enlèvement de Tiphaine, six ans, un soir de 14 Juillet. Deschamps dit alors savoir que c'est l'œuvre d'un marginal du nom d'Adam Rose... Ils décident de lui rendre visite mais Rose tente de s'enfuir...
Chaque jour, enlèvements, viols, homicides, tortures et autres monstruosités défraient la chronique. Quels monstres se cachent derrière ces crimes dont les mobiles nous paraissent souvent si dérisoires ? Ici pas de héros, mais des personnages simples et profondément humains, des monstres ordinaires...
Mémoires d'un tas de charbon est le premier roman de Thierry Declercq. L'auteur observe, au fil des pages, sans jugement, avec même une sorte d'affection, les monstres qui évoluent, incognito, parmi les gens du commun : une voisine cupide, un ami fragile, un autre trahi, un amant éconduit, un gamin battu... des monstres en devenir...



Avis :

Février 2012 à Sainte-Camarde, Victor Jakubiak est retrouvé par sa femme, pendu. La veille, Manu, son vieux copain, était passé le voir. Une promesse les rapproche et les lie jusqu’à ce que la mort les sépare…
Le 14 juillet 1994, la petite Tiphaine Vincent disparaît subitement.

Quel est ce secret ? Pourquoi semble-t-il si inavouable ? Quel est le rapport avec l’enlèvement de cette fillette ?

Au commencement, cette lecture m’a paru lente, sans que je m’en rende compte, je tournais les pages pour en savoir plus, toujours plus, jusqu’à ce que je sois complètement imprégnée dans cet univers sombre comme du charbon !

Ce roman est coupé en deux, à l'instar d'un spectacle de magie qui aurait mal tourné, j’ai cru à deux nouvelles indépendantes mais absolument pas, ces deux histoires se regroupent pour n’en former qu’une. Ouf, le prestidigitateur a réussi son tour.
Dans la première partie, Manu nous raconte sa jeunesse. Dix-huit ans auparavant, dans le combi (superbe QG) d’une casse avec ses trois acolytes (Jaku, Belette et Deschamps) où ils élaborent toutes sortes de plans pour passer le temps. Eh oui, pour eux les vacances ont lieu dans leur village du Nord de la France (Qui y habite ?! Dénoncez-vous ! J’ai des gnomes à déposer ! Pitié !). 13 ans, l’insouciance, les délires, les bêtises, l’irréparable…
Dans la deuxième, nous découvrons la plantureuse Élodie Fleury et son fervent entourage, ainsi que son excellent mantra « Tout ce que je peux prendre m’appartient » (Donnez-moi vos livres et votre sucre ! Pardon, je m’emporte, déformation professionnelle due à une légère addiction).

Pour un premier livre, Thierry Declercq m’a mis une jolie claque, un coup de cœur inévitable. Certes, certains de ces protagonistes sont machiavéliques, mais lui l’est bien plus !
Les descriptions nous plongent au cœur de ce patelin à l’intérieur des maisons, dans la casse automobiles, tels des voyeurs qui côtoient la misère, la violence, la déchéance.
La psychologie des personnages est exceptionnelle, torturés avec un point commun une enfance difficile, des parents absents ou qui auraient mieux fait de l’être (monoparental, alcoolique, schizophrène…), les joies de créer de futurs délinquants par l’éducation. Et pourtant, nous nous attachons à chacun, même ceux qui trépassent !
De macchabées en révélations (Ça a réveillé mon côté psychopathe ! Hi hi hi, mon côté psychopathe !), en dehors de m’écarquiller les yeux par tant de surprises, il arrive à susciter plusieurs questions en nous, dont notamment : faut-il avouer ou laisser un mensonge, même infime comme un grain de sable, grandir ? Serions-nous prêts à tout par convoitise ? Connaissons-nous réellement notre voisinage ? Leur confierions-nous nos vies les yeux fermés ? ("Aie confiance, crois en moi !")
Depuis cette lecture, je suis devenue méfiante à la limite de la paranoïa (Oui, j’étais saine de corps et d’esprit, d’abord !), je ne sais si je dois vraiment gratifier cet écrivain pour m’avoir transformée dans cet état !

Merci à mon amie France du comité de lecture bibliothèque pour avoir eu la magnifique idée de me prêter son exemplaire, grâce à elle, j’ai découvert une nouvelle plume et un auteur très prometteur (qui me doit un neurone, le mien n’ayant pas survécu).

Quand les médisances, le mépris, la jalousie, la cupidité vous entachent et entravent telle de la suie, bienvenue au pied du terril ! (Ou chez moi, à vos risques et périls ! N’oubliez pas les confiseries sous peine de portes closes !)

Attention, ne vous fiez pas à la collection « Polar », car cela n’en est pas un.
En revanche, c’est un excellent thriller noir !

Satrape

Collection : Polar
Editions : Atria
Date de parution : 31/10/2014
Pages : 324
Prix : 18 euros
ISBN : 978-2372250122

2 commentaires:

  1. Il a l'air super bien ! Ta chronique donne envie, mais je crois que je deviendrais parano après lol :-)

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    1. Merci Mélissa <3 Il est vraiment très bien ! Avoue plutôt que tu ne veux pas me ramener des confiseries :p mdr

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