jeudi 23 avril 2015

"50 cents" de Thomas Carreras

50 cents

Thomas Carreras




4ème de couverture :

50 cents c'est : une virée folle à San Francisco.
Au menu : un baron du crime russe, une tueuse bien tarée, un chef de guerre zimbabwéen, adepte de la machette, un biker au tee-shirt ZZ TOP rose fluo et des flics patibulaires.
Ce qui les rassemble : une pièce de 50 cents magiques…
ça te branche ? Alors laisse tomber la chemise hawaïenne, enfile ton gilet pare-balles et dis au-revoir à ta mère, parce que ça va chauffer.






Avis :

Il va m'être difficile de résumer ce roman…
Dégoter une pièce, c'est le début de la fortune, paraît-il. Apparemment le mot est passé, car ici tout le monde cherche une pièce de 50 cents. Attention pas n'importe laquelle.

San Francisco de nos jours, dans une salle d'interrogatoire, Samuel Stevenson, un sculpteur est poings liés et interrogé, mais pas par des policiers, non par un mafieux russe et trois autres types guère fréquentables. Dans le reste du bâtiment, le chaos, tous les flics de la ville sont morts. Tous ? Non, deux résistent encore et toujours, Trafalgar et Barthélémy, dans une autre partie de Frisco. Autre part, une folle de la gâchette, un Zimbabwéen qui bouffe des mains… Tous sont à la recherche de ces 50 cents. Mais pour tout comprendre va falloir voyager à travers les époques.

D'où vient cette pièce ? Comment fonctionne-t-elle ?

C'est un sacré bordel foutrement bien organisé que nous propose Thomas Carreras pour son premier roman. Beaucoup de personnages se croisent ou se sont croisés, ce qui pourrait rendre la lecture difficile, mais que nenni, chacun à sa personnalité et sa spécificité. Chacun est surtout une caricature de lui tout seul, tous plus cinglés les uns que les autres. Les deux inspecteurs, Tralf et Bart, rappellent Vincent Vega et Jules Winnfield issus de Pulp Fiction, d'ailleurs on s'imaginerait dans un film de Tarantino à la fois par son rythme déchaîné voire survolté et sa violence.

En effet, n'escomptez pas trouver un vocabulaire châtié… ohhh que non, vous vous fourrez le doigt dans l'œil (euh, pas si profond, vous allez atteindre la cervelle), pas de boyscout dans les parages, c'est un livre de gangsters donc le langage correspond et les insultes fusent, on s'habitue et on y prend même plaisir. Bon, le plus jouissif reste les bains de sang (ouais, j'ai un côté psychopathe, je ne vous l'avais pas dit ?). En tout cas, un individu qui m'a vraiment éclaté, c'est le Zimbabwéen avec sa manie et son phrasé, un régal. J'avoue que tous, à leur façon, sont touchants, voire attachants (et je ne sous-entends pas l'utilisation des menottes !). Moby est une des protagonistes qui nous apparaît très mystérieuse une bonne partie du roman, sa folie meurtrière ainsi que son raisonnement font que nous l'adorons, toutefois pour découvrir son vécu il faudra patienter que surgissent de nouveaux personnages encore plus ambigus et dont nous ignorons beaucoup de choses en fermant l'ouvrage. "Ceux qui pensent que je vous prépare un 50 cents 2, levez la main !", ma main s'est élevée, j'attends !
  
Thomas Carreras, en plus d'être un fou furieux, est d'une sadiquerie (je dis ce que je veux) inimaginable. Du départ il évoque le massacre qui aurait déclenché beaucoup de choses, et il en rajoute au fil des pages comme quoi c'est un truc ouf, mais sans nous livrer le fin mot de l'histoire… du moins jusqu'à ce qu'il daigne ENFIN nous le raconter et, croyez-moi, il nous fait languir. Et le pire dans tout ça c'est que ce petit malin sait pertinemment que nous sommes curieux aux travers de ses interventions. Tiens, en passant je trouve ça marrant que l'auteur interagisse ainsi avec ses brèves remarques au cours du récit, c'est rafraîchissant. J’ajouterais qu'elles sont les bienvenues, horripilantes, certes, mais bienvenues, car elles sont des goulées d'air permettant d'affronter les chaînes d'événements, d'actions… Bref, chaque instant de répit est un soulagement.

La plume de Thomas Carreras est jeune, il n'avait que 18 ans à l'époque, mais il la maîtrise carrément. En outre, il s'est amélioré, on le voit clairement avec son deuxième titre. Nan, je ne parle pas de 50 cents 2, faudrait suivre un petit peu, et faire travailler votre mémoire sinon j'vous bouffe la main ! Non, je me réfère à 100 000 canards par un doux soir d'orage. J’en profite pour vous recommander chaudement la lecture de ce dernier, car c'est une bonne fiction barrée au possible et drôlesque à souhait.

Je tiens à remercier une nouvelle fois les Éditions Sarbacane pour ce partenariat et ces superbes découvertes.

Alors si vous aimez l'humour, si le sang ne vous fait pas peur et que la violence gratuite est un exutoire qui vous sied, foncez ! Par contre je ne pourrais être tenu pour responsable des balles perdues...

Fred

50 cents
Auteur : Thomas Carreras
Éditeur : Sarbacane
Collection : Exprim'
Dès 14 ans
Sortie le : 2 mai 2013
Pages : 341
Prix : 16 €
EAN : 9782848656113



5 commentaires:

  1. Je sens que tu vas m'en ramener un de plus cet été ! Par ta faute, je vais passer mes vacances à lire :p mdr Excellente chronique, suis fan !

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    1. je peux l'oublier si tu le souhaites, cela m'embêterai que tu passes ton temps le nez plongé dans des livres...

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  2. Haha tu m'as trop fait rire avec ta chronique, merci ! :D J'ai lu 100'000 canards et j'ai adoré !

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    1. Merci à toi. Je me suis un peu lâché sur cette chronique, le livre le permettait, et je me rends compte que j'aurais dû le faire avec celle sur les 100 000 canards.
      Si tu as aimé le Grand Coin, celui-ci devrait te plaire également

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